Comment ne pas se faire arnaquer par des serruriers malveillants?

La serrurerie fait de plus en plus l’objet d’actes malveillants : arguant d’un problème de porte claquée ou d’oubli de clés, certains serruriers n’hésiteront pas à remplacer toutes vos serrures pour une somme très élevée alors que, bien souvent, de simples gestes habiles de la part du serrurier aurait suffit à vous dépanner comme il se doit.

Ainsi, très fréquemment, de nombreux consommateurs se font avoir par des serruriers qui ne sont en réalité que des escrocs.

Le pire, c’est qu’ils n’ont souvent même pas de diplôme de serrurier.

La première chose à faire en cas de dépannage est donc de vérifier que le serrurier en question dispose bien d’une boutique, ou qu’il est bien inscrit sur une liste officielle.

Le scénario est souvent le même, quelqu’un sort en claquant la porte et oublie  les clefs à l’intérieur.

A partir de là un serrurier malhonnête vous fera tourner en bourrique en réclamant parfois jusqu’au triple de la somme pourtant due.

Bien souvent une simple radiographie pliée permets d’ouvrir une porte claquée.

Mais certains serruriers malhonnêtes vont trouver des arguments, casser votre porte puis la réparer alors que cela n’était pas nécessaire, demander un montant exorbitant car telle serrure est plus protectrice qu’une autre même si cela n’est pas vrai.

Un devis vous sera présenté  à chaque fois et est obligatoire au delà de 150 euros, il faudra donc bien faire attention à ne pas le signer si les sommes sont excessives ou si elles ne vous conviennent pas.

Ou même montrer au serrurier que l’on s’y connaît un peu en proposant d’utiliser une radiographie pour ouvrir la serrure.

La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) est souvent saisie de ce genre d’arnaques et met en garde les consommateurs contre ces pratiques qui sont devenues courantes.

Elle précise en outre qu’au delà de 25 euros une facture est obligatoire et que le devis doit être précis, c’est à dire mentionné le nom du client, la date, le montant et la cause des travaux.

Ce qui permets d’alerter les consommateurs c’est aussi le fait pour l’artisan de rajouter des travaux en sus de ce qui était prévu, souvent il s’agit d’une arnaque permettant de prendre des sommes plus importantes au consommateur.

Il faut bien faire attention dans la mesure où une fois signé un recours est difficilement possible: l’abus de faiblesse peut être invoqué et il est quasiment le seul moyen de récupérer son argent, mais la preuve de cette infraction est souvent difficile à rapporter.

On en est arrivé à cette situation à cause de la liberté des prix dans ce domaine : il n y a pas de restrictions, un serrurier peut librement fixer ses prix, et c’est ainsi que les abus se produisent, encore une fois à vous consommateur d’être vigilant comme l’explique sur son site la DGCCRF.

Pensez bien à exiger un devis précis quelque soit le prix des travaux, vous en avez parfaitement le droit.
La DGCCRF prône la vigilance vis à vis des serruriers qui est finalement le meilleur remède contre les abus qui ont lieu.

Arnaque: le serrurier facturait les clés 2000 euros

« Il faut arrêter ces bandits! » répète Mireille, Creilloise de 68 ans, qui est l’une des innombrables victimes d’un serrurier arnaqueur. C’est la première d’une longue série. Le gérant de cette entreprise artisanale a été interpellé la semaine dernière par la police de Creil.
Une perquisition a eu lieu à son siège social de Villetaneuse en Seine-Saint-Denis (93) où des cartons de factures ont été saisies. A Creil, il dispose d’un atelier de serrurerie-plomberie qui avait la main lourde sur les prestations.

Mireille tend un chèque de 2099 €, qu’elle a barré plusieurs fois, rédigé à l’ordre de l’artisan. Elle jure qu’on ne l’y reprendra plus. Cette retraitée alerte est presque navrée de sa mésaventure. « Je me suis fait avoir comme un bleu! » Elle a pourtant des circonstances atténuantes, Mireille. Le 28 décembre, on lui arrache son sac à main où se trouvent ses clés. « Je ne pouvais plus rentrer chez moi. J’étais en plein désarroi », raconte-t-elle. Après un dépôt de plainte au commissariat de Creil, la victime se met en quête d’un artisan pour changer sa serrure et pénétrer enfin chez elle.

« Il a d’abord esquinté ma porte en l’ouvrant avec un marteau et un tournevis », explique-t-elle. Trop bouleversée, Mireille laisse faire. De même, quand il insiste pour réparer sur-le-champ, avec paiement dans la foulée, sans aucun devis. L’irruption de la voisine sera salutaire. « Elle a tout fait stopper car les travaux sont interdits dans l’immeuble après 18 heures. » L’artisan remballe ses outils. Mais il se fait remettre un chèque de 2099 €, pour le changement d’une classique serrure. « Il a vu que j’étais vraiment mal », confie Mireille. Elle ne fermera pas l’œil de la nuit et ressassera ce maudit paiement. « A la première heure, je suis retournée au commissariat. Quand je leur ai annoncé le montant réclamé, ils ont fait des bonds. » Dans la matinée, le chèque lui est restitué, sans discussion. Elle fera appel à un nouveau serrurier dûment recommandé. Pour 116 euros, elle obtiendra son barillet flambant neuf. Mais elle n’osera pas porter plainte.

Aujourd’hui, Mireille avoue que sa confiance a été durablement ébranlée: « Je veux parler pour tous ceux qui, comme moi, n’osent pas porter plainte. » Comme Irène, 76 ans, qui, elle, a signé un chèque de 4000 € pour trois serrures : « L’artisan m’a assuré que c’était le prix », explique cette victime dont la retraite mensuelle est de 600 €. « Si la police ne m’avait pas contactée, je n’aurais jamais porté plainte. Je n’ai pas l’habitude et puis je me suis dit après coup que j’avais fait une sacrée bêtise. »